En startup, il y a CTO, CTO, et CTO

Article initialement partagé sur Linkedin

"CTO" c'est comme "ingénieur", tout le monde croit savoir ce que c'est, mais il y a tellement de nuances que personne n'est d'accord pour décrire en quoi consiste le métier.

Prenons donc le temps de recadrer le propos.

Auprès de nos 580 startups partenaires, nous avons identifié chez Ignition Program 3 types de CTO en startup. Sans vouloir faire rentrer les personnes dans des cases, ces 3 distinctions sont utiles pour les recruteurs comme les candidats au poste de CTO pour se situer et savoir se positionner.

TL;DR :

  • Le métier de CTO évolue au fur et à mesure que la startup grandit.
  • CTO type 1 : "hackeur". Startup < 10 personnes.
  • CTO type 2 : "stabilisateur". Startup entre 10 et 50 personnes.
  • CTO type 3 : "industrialisateur". Startup > 50 personnes.


CTO type 1 : "hackeur"

Quand une startup se lance, elle est à la recherche de son "product-market fit". Autrement dit en français, elle cherche un business model rentable dans lequel elle fournit une solution innovante à une population bien identifiée et éprouvant un besoin précis.

Au cours de cette phase critique, la startup va beaucoup virer de bord, tester des produits, des offres, des messages, des canaux différents. Dans cette course contre le temps (l'argent sort mais ne rentre pas encore), le CTO est en charge de développer des fonctionnalités en versions beta, en voyant loin et en faisant les choix techniques en phase avec la stratégie.

Le CTO idéal pour une startup à ce stade est un "hackeur" touche-à-tout (front, back, infra), capable de trouver des solutions fonctionnelles rapidement. Tant pis si rien n'est scalable, l'infra fragile et le code non documenté. L'essentiel est d'être agile, d'aller vite, pour gagner la course contre la montre.

Le CTO hackeur a donc plus de passion que d’expérience.

Il développe rapidement et en agilité, en étant inventif et expérimental. L'essentiel est de trouver ce fameux business model, d'obtenir des métriques en croissance qui permettront soit d'être directement rentables (le rêve), soit de lever des fonds auprès de business angels.


CTO type 2 : "stabilisateur"

Quand le business model de la startup se stabilise (en général, l'équipe compte alors une petite dizaine de personnes) l'objectif n'est plus de changer d'offre tous les mois, mais de dupliquer le business model à un marché plus grand.

La mission du CTO change alors : il ne s'agit plus alors uniquement de sortir des nouvelles fonctionnalités mais aussi de stabiliser l'existant, car la base d'utilisateur va exploser rapidement. Le code "sale" généré au début pour gagner la course contre la montre est une bombe à retardement (aka "dette technique"), que les meilleurs CTO arrivent à désamorcer d'une main tout en développant le reste avec leurs deux mains restantes (oui les meilleurs CTO ont trois bras).

La mission du CTO "stabilisateur" devient alors de peaufiner le produit pour le rendre facile à upgrader, maintenir, scaler, déployer. La croissance s’accélérant, il faut penser à la scalabilité logicielle tout en maintenant la flexibilité d’un produit immature.

C'est là toute la difficulté du poste : garantir une croissance saine, mais sans (trop) la freiner.

Le CTO idéal à ce stade aime les process de développement rigoureux, le TDD, le SCRUM. Il aime le code documenté, commenté, indenté. Il doit aussi lever le nez du guidon et s'intéresser aux besoins de l’utilisateur. Il comprend aussi les principaux leviers business car c'est sur lui que repose la mission de faire les bons choix technologiques en phase avec ce qu'il se passe sur le terrain.

Il aide aussi à prioriser correctement les fonctionnalités tout en sachant arbitrer entre le code propre et le code qui marche. Il développe activement une bonne architecture logicielle, et s'ouvre à d'autres occupations : ne pouvant rester seul, il doit être capable de constituer, guider, et former son équipe de 5 à 10 développeurs passionnés.


CTO type 3 : "industrialisateur"

La start-up dont le CTO joue un rôle "industrialisateur" compte au moins 50 salariés. Après plusieurs tours de financement auprès de fonds d'investissement, elle se développe à l’étranger et se "processe".

Le CTO se centre alors de plus en plus sur le leadership (humain) et les process. Il définit la roadmap en parallèle avec un Product Manager. C'est un codeur génial... qui n'a presque plus l'occasion de le montrer, car son rôle désormais est de guider et motiver ses équipes grâce à son expertise technique, son talent reconnu (non feint), sa connaissance des process Agile et lean.

Le CTO industrialisateur a de la bouteille. C'est un grand penseur, qui voit loin, qui est capable d’anticiper les évolutions technologiques et qui maitrise la plupart des grands standards. Il est donc en général plus expérimenté.

Enfin, il tire de son expérience un grand pragmatisme qui lui permet d'être visionnaire. Il est capable d'orienter le business dans une direction ou dans une autre, en fonction des tendances technologiques qu'il observe et qu'il juge.

Tout en étant conscient que sa startup n'en est plus vraiment une et n'est plus aussi agile qu'aux débuts...


Et vous, quel CTO êtes-vous ?

Nous pensons que personne n'a vocation à rentrer dans des cases, même si certaines grilles de lecture sont importantes pour en finir avec le recrutement qui consiste à matcher des mots clefs sur des CV avec des fiches de postes standardisées.

Notre expérience aux côtés de centaines d'entrepreneurs nous permet chez Ignition d'accompagner les CTO à la recherche d'un poste en comprenant leurs aspirations et leurs compétences, pour leur trouver le bon projet en startup.

Celui en phase avec leur personne.

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